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Delaperche
Un artiste face aux tourments de l'histoire

Du 1 Fév 2020
Au 24 Jan 2021

AT MUSÉE DES BEAUX-ARTS

prolongation exceptionnelle jusqu’au 24 janvier 2021

Le musée des Beaux-Arts d’Orléans consacre la première rétrospective à Jean-Marie Delaperche, un artiste majeur resté dans l’ombre jusqu’à aujourd’hui et redécouvert en 2017 avec l’identification de 91 dessins, véritables petits tableaux dignes des plus grands artistes de son temps, et dont quatre portaient la signature de Jean-Marie Delaperche, né à Orléans en 1771. Ainsi, du 1er février au 14 juin 2020, le public sera invité à découvrir cet ensemble exceptionnel, en grande partie réalisé en Russie où l’artiste vit de 1804 à 1824, accompagné d’une soixantaine d’oeuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures, archives) provenant d’institutions prestigieuses à l’instar du Château de Versailles, du musée de l’Armée, des musées des Beaux-Arts de Reims et de Tours, des archives Ruinart et de collections privées, qui permettent de découvrir cette famille au destin dramatique.

Thérèse Laperche (1743-1814), amie du collectionneur Aignan-Thomas Desfriches, se forme d’abord au contact de Perronneau avant de poursuivre à Paris chez Greuze et Vigée-Lebrun. Elle expose en 1791 et se lie avec Mme Danton pour faire libérer son mari emprisonné pour ses idées royalistes. Elle fuit à Reims et devient le centre d’une société artistique qui l’introduit auprès des Heidsieck et des Ruinart.
Jean-Marie Delaperche (1771-1843), artiste énigmatique qui décide de construire sa carrière dans l’ombre et de faire de son pinceau son outil pour témoigner de son temps, de ses états d’âme, pour enseigner, pour méditer sur le statut de l’artiste. Il part en Russie de 1804 à 1824 et vit depuis Moscou l’enfer de l’invasion française. Il perd ses enfants, ses espoirs et produit en quelques années les plus belles oeuvres de sa carrière.
Constant Delaperche (1780-1843) s’est formé comme son grand frère Jean-Marie dans l’atelier de Jacques-Louis David. Polyglotte et doué en tout, il travaille d’abord pour la famille Ruinart avant de devenir le précepteur et artiste ordinaire des Rohan-Chabot à la Roche-Guyon, et de leur entourage (duchesse de Berry, La Rochefoucauld…). Il est l’auteur de sculptures monumentales pour l’église Saint-Roch à Paris, pour le château de La Roche-Guyon, l’église de Beaumesnil. Comme son frère il ne signe jamais et a refusé de devenir le courtisan de la critique qui fait et défait les réputations.

Grâce au fonds du patrimoine et à une campagne de mécénat participatif, le musée des Beaux-Arts d’Orléans a pu acquérir ces 91 dessins et reconstituer au gré des archives la vie tumultueuse de ce peintre, de son frère et de leur mère, famille d’artistes hauts en couleur originaires d’Orléans et qui continuent leur carrière à Paris, Moscou, chez les Ruinart à Reims ou les Rohan-Chabot à La Roche-Guyon. Nous découvrons notamment un artiste parmi les plus talentueux de son temps, chez qui le dessin allie une grande technicité à une puissance dramatique et allégorique, mais également des documents qui s’avèrent être d’une grande portée historique, renseignant notamment sur le regard d’un artiste royaliste sur les crimes commis par Napoléon. L’artiste ainsi que sa famille ont en effet été les témoins d’une période historique plus que mouvementée, assistant, pinceau à la main, à la mort de Louis XVI, à la campagne de Russie, à la chute de Napoléon puis à celle des Bourbons. C’est ainsi que l’on découvre les adieux de Louis XVI à sa famille, un hussard surgissant au milieu d’une scène tragique ou encore de véritables scènes épiques empruntées à la mythologie grecque qui ne sont pas sans rappeler le contexte politique auquel est confronté l’artiste.

De Paris à Moscou et d’Orléans à Saint-Malo en passant par Reims, cette famille de peintres révèle la difficile vie d’artiste qui attend ceux qui choisissent le chemin des arts. Leur longue existence entre la Révolution et la Monarchie de Juillet se transforme en aventures trépidantes qui les conduisent sur les routes d’Allemagne pour le compte de la maison de champagnes Ruinart, à Moscou dans l’entourage des poètes Venevitinov et Pouchkine ou à La Roche Guyon, auprès des Rohan-Chabot qui ouvrent les portes de nouveaux commanditaires. A travers la carrière des Delaperche apparait toute l’histoire et la vie artistique d’un XIXe siècle vu par les yeux d’artistes maudits qui nous emportent dans les fureurs de leur époque.

Delaperche
Un artiste face aux tourments de l’histoire

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