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Dix dessins de Johan Creten entrent dans les collections des musées d’Orléans

À la suite de la première partie de l’exposition Johan Creten. Jouer avec le feu (23 mars – 22 septembre 2024), l’artiste offre au musée des Beaux-Arts d’Orléans dix dessins emblématiques couvrant l’ensemble de sa carrière.

Si depuis le début des années 1980, Johan Creten a fait de la céramique son médium et explore avec son bestiaire les tourments de l’âme, le dessin, part intime de son œuvre, occupe une place centrale dans sa pratique. Cet aspect jusqu’alors laissé dans l’ombre était au cœur de l’exposition qui s’est tenue à Orléans, dans l’espace public, où onze sculptures monumentales peuplent le centre-ville jusqu’en décembre 2025, et dans le musée, dans lequel se révélait la fabrique de l’œuvre. Dans ce regard croisé avec les collections du musée d’Orléans, dont l’univers fait écho à celui de Creten, lui-même pétri de références classiques, l’artiste a accepté pour la première fois de donner une large place à ses dessins, jusqu’alors réservés à ses plus fidèles collectionneurs.  Une centaine de feuilles, remontant au début des années 1980, permettait de suivre le cheminement de l’artiste, pour qui le dessin offre moins un espace de maturation de la forme que de développement de l’idée. Comme s’il réfléchissait du bout du pinceau, Creten construit dans son œuvre graphique un univers complexe et pulsionnel où toutes les techniques se rencontrent pour élaborer un magma formel. La place accordée à Orléans aux arts graphiques, qui bénéficient de quatre cabinets dans lesquels les 13.000 dessins et 45.000 estampes sont présentés par rotation, confère à ce domaine de collections un statut particulier au niveau des projets contemporains, qui font souvent la part belle aux techniques graphiques chez des artistes moins connus pour cela. Le don de dix dessins de Johan Creten fait ainsi entrer dans ce fonds de référence l’un des grands dessinateurs de son temps. 

Under attack, au pastel, complète la collection d’œuvres de cette technique, l’une des plus importantes du monde ; The Eye, autoportrait de l’artiste sur papier kraft, et Le Baiser, emblématiques des combats de Creten dans les années 1990, donnent un éclairage sur ses dessins autonomes et introspectifs ; quatre feuilles développant l’idée qui deviendra les Femmes sans ombre aborde le processus préparatoire ; When I’m good I’m very good, but when I’m bad I’m better et Bread is at the head of everything incarnent les dessins à textes chers à l’artiste et dont Orane Stalpers a bien étudié le processus dans le catalogue de l’exposition. Dessin 23, l’un des plus anciens et plus personnels, interroge, dès les années 80, de façon visionnaire, sur la rivalité du cerveau et de l’informatique. 

Ces dix feuilles, parmi les plus structurantes du catalogue, couvrent ainsi les problématiques de l’œuvre de Creten et enrichissent de manière significative le fonds contemporain du musée. 

— Le 22 Août 2025

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