Pendant la durée du plan canicule, l’entrée des musées d’Orléans est gratuite jusqu’à nouvel ordre !

Wanted : peintures disparues du MBAO

Les collections des musées sont inaliénables et imprescriptibles,
ce qui implique de continuer sans relâche de rechercher les oeuvres disparues.

Le 4 novembre 1825, le Musée d’Orléans ouvrait ses portes dans l’Hôtel des Créneaux. Vingt et un an après la fermeture d’un premier « muséum » qui avait réuni dès 1799 les saisies révolutionnaires, et à peu près autant après les ouvertures d’autres musées sur le territoire national grâce au décret Chaptal, celui d’Orléans démarrait son existence avec une particularité : alors que les quinze « musées Chaptal » devaient leurs collections aux envois de l’État, le directeur du musée avait choisi l’appel aux dons comme modalité de construction de la collection, avec un succès qu’il n’avait sans doute osé concevoir. La mobilisation des amateurs locaux, des grands propriétaires aux plus modestes collectionneurs, allait donner une tonalité particulière à ce musée voulu et construit par les habitants, offrant un reflet de leurs goûts, rappelant à jamais l’histoire artistique du territoire. Ce dont chacun avait hérité de cette Orléans des Lumières, ce que le marché de l’art avait livré durant des décennies intégrait les collections publiques. L’habile comte de Bizemont, chef d’orchestre de cette admirable ouverture, a pris soin de publier chaque semaine et pendant des années dans le Journal du Loiret les libéralités reçues de chacun, offrant une chronique fidèle permettant de suivre pas à pas la construction de la collection. Les catalogues des collections qu’il ne tarde pas à faire paraitre, et que ses successeurs poursuivront, prendront la relève. Aucune source ne manque pour suivre la naissance et le développement de cette collection.

Cette générosité ne s’est pas tarie et a continué d’accompagner la politique d’acquisition du Musée, dont l’accroissement et la diversification du fonds a entraîné l’ouverture de succursales, l’Hôtel Cabu d’abord pour les collections historiques, archéologiques et d’objets d’art, puis le Musée Jeanne d’Arc et enfin l’Annexe du Musée de peinture – musée Paul Fourché qui ouvre en 1907 avec le don de la collection de cet amateur qui a voulu lier son nom à la cité ligérienne.

 

De ces plus de trois cents tableaux, aucun n’est resté après le pillage du musée en juin 1940 avant qu’il ne soit incendié, tout comme l’Hôtel Cabu et le musée Jeanne d’Arc. D’autres allaient disparaître dans des circonstances similaires alors qu’ils étaient déposés dans des administrations, selon une pratique commune avant la loi de 2002 sur les Musées, mais parfois aussi bien avant ou bien après la guerre.

 

Afin d’en faciliter l’identification par tous et favoriser le retour dans les musées auxquels ils ont été donnés, cette liste réunit la totalité des tableaux aujourd’hui manquants et qui hier figuraient dans les inventaires et catalogues. Chaque notice compile l’ensemble des mentions trouvées dans les catalogues, les archives et les notes diverses, afin de rendre chaque description la plus exhaustive possible.

Ce fin travail a permis depuis deux ans de voir restituées quatre oeuvres.

Achille-Etna Michallon, La Mort de Roland, 1818, inv. MBAO PE.645

Cette esquisse entrée en 1892 avec le fonds d’atelier et la collection de Léon Cogniet était manquante depuis le milieu du XXe siècle. Elle a été spontanément restituée en 2026 par un couple d’Allemands qui l’avait acquise sur le marché germanique dans les années 1980. La présence des étiquettes et inscriptions au revers avait permis qu’ils en identifient l’origine et qu’ils comprennent l’importance de la voir rejoindre son musée d’origine. Le tableau va être restauré grâce au mécénat de compétence de l’atelier Arcanes.

Anonyme, Le Christ entre saint Paul et Apollos d’Alexandrie, 1546, inv. MBAO PE.1227

Ce tableau disparu avant 1923 est réapparu sur le marché en 1994 et a été acquis par le musée de Beauvais. Eric Moinet, directeur du musée d’Orléans, avait identifié le tableau commandé pour la cathédrale grâce à la description du catalogue de 1876, sans qu’une restitution ne soit alors possible. Trente ans plus tard, le musée de Beauvais a accepté de le restituer et il a pu réintégrer les collections d’Orléans.

Louis Neillot, Sous-bois, Bellevue, 1935, MBAO PE.680.A

Ce paysage avait été acquis par l’administration de Jean Zay sous le Front populaire et déposé à Orléans, où il était exposé dans un bureau et avait disparu dans les années 1970. La sagacité de Maître Matthieu Semont a permis de le repérer dans une vente aux enchères et de le voir rejoindre le musée en 2024.

Armand Le Véel, Jeanne d’Arc (tête), 1899, inv. 999.35.1

Cette sculpture inaugurée en 1899 dans le jardin de l’archevêché a été réduite à l’état de ruine en 1944. La tête, récupérée par « un patriote », a été léguée en 2023 au musée pour rejoindre le reste des fragments.


À ce jour, 424 tableaux manquent encore à l’appel,
la vigilance de chacun permettra qu’ils retrouvent un jour le musée
auquel ils ont été offerts pour la délectation de tous. 

Œuvres disparues du musée des beaux-arts

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Listing des oeuvres disparues du MBAO

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— Le 10 Juil 2026

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